La mutualisation

Quand on parle de fibre optique, on doit comprendre que chaque opérateur n'installe pas sa propre fibre chez le client, encore moins sa propre prise (PTO). Il y a des équipements et des infrastructures qui doivent être partagés entre les opérateurs. C'est ce qu'on appelle la mutualisation.

La mutualisation est nécessaire, en effet c'est une obligation au sens de la Loi de modernisation de l’économie n° 2008-776 du 4 août 2008. Imaginez un seul instant si cette loi n'existait pas, s'il y avait 100 logements dans une rue et 10 opérateurs fibre optiques, alors à chaque fois qu'un client s'abonnerait à l'un ou à l'autre il aurait fallu 10 fibres optiques différentes et 10 prises chez un seul client. C'est inconcevable, en effet concernant l'ADSL personne n'a 10 prises téléphoniques chez lui et 10 câbles téléphoniques traversant son jardin. Il est donc logique de mutualiser la partie terminale du réseau.

Les opérateurs se partagent : le Point de Mutualisation, les fibres optiques qui partent du Point de Mutualisation, les Points de Branchement, les fibres qui partent du Point de Branchement, la PTO (la prise optique chez l'abonné).

Le schéma ci-dessous vous aidera à les distinguer sur le réseau:

Source: Orange Wholesale France

 

I - Au niveau du NRO

Ce NRO se situe dans la ville de l'Etang-Salé.
En haut à droite, arrivée du backbone principale de l'opérateur (ses fibres qui arrivent au NRO).

2 jarretières de même couleur partent vers un PM (Point de Mutualisation). Ce NRO étant sur l'Etang-Salé on peut donc déduire qu'il y a 16 PM dans cette ville (deux autres jarretières de couleur partent d'en haut).
2 fibres permettent donc d'abonner 64 clients (grâce aux splitters dans les PM).

Ces NRO contiennent des batteries de secours, le NRO est donc par définition un équipement actif (il fonctionne à l'électricité).

En cas de panne d'électricité, ces batteries sont utiles! Elles ont une autonomie de 24 heures. Si la panne dure cependant plus de 24 heures, un groupe peut recharger les batteries et alimenter le NRO en même temps, en étant relié à la prise électrique située sur le côté:

Un gardien reste sur place sur surveiller le groupe électrogène.

La Mutualisation se fait logiquement au niveau des Points de Mutualisation (PM).

 

II - Au niveau du Point de Mutualisation

Zoom sur la partie modules opérateurs

La même chose, schématisée :

Explications :

Les fibres venant du NRO passent d'abord par ce genre de tiroir (sur les photos ci dessus, les positions des COSH et des MEC sont inversées):

Ce tiroir se situent en bas à droite du PM.

Le chemin emprunté par la fibre optique venant du logement de l'abonné est : PTO => Point de Branchement => Arrivée dans le PM et passage par les COSH (modules opérateurs) => Splitters ou Coupleurs (en haut à droite du PM - MEC 4X32...) => tiroir optique (voir photo ci dessus) => NRO.
Pour différencier une fibre optique de Zeop, d'une fibre SFR ou d'Orange, il y a un code couleur. Zeop est en violet, Orange est orange, SFR devrait être en bleu.
Sur la photo on constate que seul deux FAI sont présents dans ce PM, Quelqu'un qui souhaite s'abonner à SFR devra attendre que ce dernier installe son module dans ce PM.
La zone de lovage permet simplement de stocker le "surplus" de fibre.

Quand un client n'a pas de connexion fibre chez lui mais souhaite s'abonner à Zeop, ici c'est Orange qui indique où brancher le client dans le PM par rapport au PB (Point de Branchement devant le domicile de l'abonné).
Quand est un client est déjà chez Orange mais qu'il souhaite s'abonner à Zeop (ou l'inverse), on repère le même code présent sur la PTO qui se trouvera aussi sur une jarretière qui est relié sur le module de l'opérateur actuel, on relie maintenant cette jarretière au module du nouvel opérateur.
Voilà pourquoi il n'y a pas besoin d'installer une nouvelle fibre chez le client!
 
Un opérateur peut soit installer son propre NRO et le relier aux différents PM, soit passer directement par le NRO de l'opérateur qui a déployé la fibre sur la zone, qui reliera la ligne des clients concernés au réseau de l'opérateur concerné.

III - Les deux modes de mutualisation

1 - Le co-investissement:

Sur une zone bientôt fibrée, un opérateur peut demander un certain pourcentage des lignes (10%, 15% etc...). Il devra payer à l'opérateur en charge des travaux une somme d'à peu près 500€ par ligne! C'est énorme, mais le tarif est contrôlé par l'ARCEP. Si un opérateur abuse, l'ARCEP peut-être saisi par l'autre opérateur.


2 - La location:

Un opérateur n'ayant pas co-investi, peut louer une ligne si un de ses clients s'abonne. Tout passe donc par l'opérateur installateur, et la ligne est simplement routée vers le réseau de l'opérateur demandeur. Chaque ligne coûtera environ 20€/mois.

 

Très souvent, ceux qui sont pressés de s'abonner à la fibre optique mais qui n'y sont pas encore éligibles, ne comprennent pas pourquoi les opérateurs mettent autant de temps à desservir une zone bien précise. Cette page sur la mutualisation vous apprend ceci : tout ne dépend pas que d'un seul opérateur ! Plusieurs choses entrent en jeu : l'opérateur installateur et l'ensemble des travaux qu'il doit effectuer, le coût des travaux, l'action des pouvoirs publics, les restrictions de l'ARCEP, le coût de la mutualisation...

Si vous attendez que votre opérateur ADSL actuel vous propose de la fibre optique, il a certaines choses à faire avant de pouvoir vous le proposer. Installer son propre NRO et relier ses fibres dans les PM de la ville ou bien louer un accès total à une fibre en passant par le NRO d'un autre opérateur.

 

 

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